1-Les addictions – Généralités

1-Les addictions – Généralités
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Qu’est ce qu’une addiction ?

« C’est losque l’usage récréatif d’une « substance » devient compulsif, lorsque l’habitude devient automatisme incontrôlable. »

On cherche aujourd’hui à cerner précisément le point de bascule, soit le moment décisif où la personne passe d’un usage récréatif d’une « substance » à un usage compulsif.
Cette notion de « comportement compulsif », autrement dit ce désir irrépressible de consommer une « substance » ou de pratiquer sans limite une activité, est l’un des 11 critères cliniques qui permettent de diagnostiquer ce trouble du comportement.

Le DSM V, 11 critères permettent de diagnostiquer une addiction :
1-Besoin impérieux et irrépressible de consommer la « substance » ou de jouer ou d’avoir « l’ » activité
2-Perte de contrôle sur la quantité et le temps dédié à la prise de substance, ou au jeu ou à l’activité.
3-Beaucoup de temps consacré à la recherche de la substance, ou au jeu, ou à l’activité.
4-Augmentation de la tolérance au « produit addictif ».
5-Présence d’un syndrome de sevrage, c’est-à-dire de l’ensemble des symptômes provoqués par l’arrêt brutal de la consommation, du jeu ou de l’activité.
6-Incapacité de remplir des obligations importantes.
7-Usage même lorsqu’il y a un risque physique.
8-Problèmes personnels ou sociaux.
9-Désir ou effort persistant pour diminuer les doses, le jeu ou l’activité.
10-Activité réduite au profit de la consommation, du jeu ou de l’activité.
11-Poursuite de la consommation malgré les dégâts physiques ou psychologiques.

On peut les classer en 3 « niveaux » :

Addiction faible = 2 à 3 critères
Addiction modérée = 4 à 5 critères
Addiction sévère = 6 ou plus critères

Quels sont les mécanismes neurobiologiques qui facilitent l’ancrage psychologique de ses comportements à risque ? Et quels sont les effets de l’addiction sur le cerveau humain ?

Qu’il s’agisse de sédatifs, de nicotine, d’alcool, de cocaïne, d’opiacés ou encore de cannabis, ces substances ont toutes des structures chimiques différentes mais leurs effets neuropsychologiques sont mêmes.
Toutes convergent vers le « circuit de la récompense ». C’est la porte d’entrée commune à toutes les addictions. Les substances addictives piratent littéralement « la machinerie du plaisir » de notre cerveau, plus précisément dans deux petites régions interconnectées entre elles, dont leurs fonctions essentielles est d’activer la sensation du plaisir, pour impulser des comportements bénéfiques à l’organisme, en fait « assurer la survie », la prise d’eau, de nourriture, le sexe et les relations sociales. Ces « récompenses » naturelles visent à renforcer l’association entre la sensation de plaisir et l’objet qui la procure. La dopamine (neurotransmetteur) a pour effet d’augmenter l’initiative, le plaisir sexuel, mais aussi l’agressivité ; les « drogues » augmentent d’avantage cet effet, ce qui explique l’effet addictif.

Un redoutable cercle vicieux
L’addiction va s’immiscer par ce canal du plaisir : toutes les drogues conduisent à augmenter la production de dopamine, elle procure un effet euphorisant, dès lors, la motivation liée au plaisir des récompenses naturelles perd de son importance au profit de la « drogue », qui assure une plus grande décharge de dopamine donc un plus grand plaisir. Néanmoins au fil de la consommation, le système de la récompense sollicité, s’affaiblit. Résultat : l’euphorie originale s’estompe, le cerveau se retrouve piégé dans un redoutable cercle vicieux où la consommation de « drogue » doit sans cesse augmenter pour retrouver le même niveau de plaisir.

La seule recherche de la sensation de plaisir n’explique pas tout. Il faut donc déplacer le regard en amont de la prise de substance, et tenter de comprendre ce qui conduit à répéter irrésistiblement le même geste, la transition vers l’addiction se traduit par la mise en place de comportements automatisés et incontrôlables, en quelques sorte, une habitude de la perte de contrôle de soi où l’ensemble des processus cognitifs permettant de guider nos actions et pensées en fonction des buts à atteindre, n’excent plus aucun contrôle.

L’absorption d’une drogue est souvent liée à un contexte particulier, comme la cigarette avec le café, un verre d’alcool dans une fête… conduisant le cerveau à mémoriser l’association entre les deux, un peu à la manière d’un réflexe pavlovien (Geste ou acte effectué par une personne après l’avoir habitué à réagir d’une façon précise à un stimulus) ; si bien que l’expérience du contexte seul, café, fêtes, peut susciter automatiquement le désir de consommer la « substance » qui lui est habituellement associée.

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